S'ouvrir...

Publié le par JB et Céline

Une conversation avec mes collègues au bureau cet après-midi m'a donné envie de partager quelques unes de mes pensées avec vous...

Immigrer dans un pays étranger, ou même simplement partir y vivre pour un temps défini, plus ou moins long, implique pour moi d'apprendre à s'ouvrir au monde. Être prêt à vivre une culture différente sans la juger, sans la critiquer, sous prétexte qu'elle est différente de ce que l'on a toujours connu. Immigrer, c'est aussi être prêt à remettre en question ce qu'on connaissait de la vie, être prêt à oublier ce que l'on prenait pour acquis pour pouvoir intégrer de nouvelles choses, de nouveaux préceptes, de nouvelles habitudes.

Je n'ai pas tellement voyagé dans ma vie, mais j'estime avoir plus voyagé que beaucoup de gens que je connais. C'est une chance, car mes différents voyages m'ont permis de développer une ouverture à l'autre dont tout le monde ne peut pas se vanter. La famille chez laquelle j'ai vécue en Allemagne était propriétaire d'un petit parc d'attraction. J'y ai vécu pendant deux mois au contact de chimpanzés.... et j'ai adoré ça. En Ecosse, la famille qui m'a accueilli était juive. J'y ai appris le sabbat, les produits kashers, les rituels du week-end. Un rythme de vie différent, des manières différentes aussi. Certains considèrent que ces manières de vivre sont une façon de se fermer au monde, de s'enfermer dans une vie de rituels sans jamais s'ouvrir à l'extérieur. Pas moi. En Autriche, finalement, j'ai vécu la vie que je voulais, à mon rythme. La vie d'étudiante, certes, mais celle qui me convenait, qui correspondait à ce dont j'avais envie.

Finalement, j'ai l'impression que tous ces voyages m'ont forgé l'esprit. Le dicton selon lequel les voyages forment la jeunesse est vrai. Mais ce que ces voyages m'ont apporté est bien plus précieux que cela. Ces voyages m'ont permis de savoir que la vie n'est pas la même partout. Que la vie que l'on connait, en France ou ailleurs, ne constitue en rien une norme, un standard de vie auquel le reste du monde devrait se conformer, sous peine d'être taxés de "gens bizarres". Ces voyages m'ont simplement préparée à remettre en question tout un mode de vie. Peut-être pas le remettre en question, mais savoir, être consciente, qu'il n'est ni parfait, ni forcément meilleur qu'un autre. Ce n'est finalement qu'un mode de vie parmi d'autres.

Il y a un autre dicton qui dit que ce n'est pas parce qu'ils sont plusieurs à avoir tort qu'ils ont raison. Un dicton lourd de sens, d'un sens que je commence à saisir pleinement. On peut avoir un mode de vie différent de celui des autres sans être obligé de supporter le regard réprobateur de ces gens. Les habitudes, que ce soit celles d'une culture, d'un groupe de gens, ou simplement celles d'une famille, ont toutes autant de valeur les unes que les autres. Du moment qu'elle convient à ceux qui la pratiquent, toute habitude a le droit d'exister...

Immigrer dans un pays étranger, c'est accepter que son propre mode de vie ne soit pas celui des autres. Mais c'est aussi vouloir partager son mode de vie avec les autres, avec ceux qui sont suffisamment ouverts et curieux pour avoir envie de le découvrir. Immigrer, c'est renoncer à une partie de soi, mais c'est aussi apporter une partie de soi aux autres. Choisir de vivre dans une autre culture que la sienne, c'est aussi, pour moi, vouloir prendre ce qui pour nous est le meilleur des deux cultures et le combiner pour se créer son propre mode de vie, celui qui nous convient, qui répond à nos attentes, à notre vision du monde. Cela peut être rapide, cela peut prendre du temps. Cela peut impliquer aussi de prendre des décisions, pas toujours faciles...

Immigrer, c'est se construire une nouvelle identité.
Immigrer, c'est s'ouvrir, aux autres, au monde, mais aussi à soi, tout simplement....

Publié dans Pensées

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Allie 25/05/2009 17:58

C'est un très beau texte que tu nous partages là :) Je ne suis pas une très grande voyageuse, mais je suis d'accord avec toi sur beaucoup de choses...