Les débuts du Québec

Publié le par JB et Céline

Je viens de lire un roman passionnant sur les début du Québec, la naissance de la nation québecoise. Il s'agit de La Naissance d'une Nation, Tome 1: Thérèse, écrit par Pierre Caron (il sera en ligne sur mon autre blog la semaine prochaine, je pense).



Il s'agit d'une grande saga familiale à travers laquelle on découvre le courage des premiers colons et leur vie dans ce pays qu'il a fallu apprivoiser.

Aujourd'hui, venir vivre au Québec est loin d'être impossible. Cela demande du temps, de l'argent et de la patience, mais c'est loin d'être une mission impossible. Il suffit de voir le nombre d'immigrants que le Québec accueille chaque année. Et nous en sommes la preuve vivante. Certes, je trouve que ça a été plus facile pour nous que pour beaucoup d'immigrants, car nous avons trouvé du travail facilement et on était bien préparés, tous les deux, au choc culturel. Tous les immigrants ne s'en sortent pas aussi bien que nous. Certains sont persuadés qu'ils vont découvrir ici une autre France et sont déçus en voyant que le Québec, c'est loin d'être la France. D'autres ont des métiers qui sont réglementés et des diplômes qui ne sont pas reconnus. L'insertion est plus difficile quand on ne parle pas très bien le français. Bref, notre situation était relativement assez privilégiée. J'imagine que c'est pour cela que nous n'avons pas eu à passer d'entretien pour obtenir notre CSQ...

Mais si on revient au 17è siècle, les choses n'étaient pas si faciles. À l'époque, les villes n'existaient pas ou peu. Quelques unes avaient été construites tant bien que mal sur les rives du Saint Laurent par les premiers colons. Imaginez le courage de ces premiers colons! Ils n'avaient aucune idée de ce qui les attendait. Tout ce qu'ils savaient, c'est qu'ils partaient fonder une grande nation, une belle nation. Pleins d'espoirs, ils avaient des projets de grandeur. Ils quittaient tout sans intention de revenir. Il fallait en avoir du courage! C'était tout un périple!

Il y avait d'abord la traversée. Avant toute chose, il fallait se rendre sur le continent de la Nouvelle France. Des semaines de bateau dans des conditions plus que précaires. La plupart des personnes étaient malades au point de vouloir en mourir. Les conditions d'hygiène étaient déplorables et les odeurs étaient le moindre de leurs problèmes. Obligés de manger à même le sol dans des écuelles, une main accrochée à ce qu'ils pouvaient attraper et l'autre empoigant la nourriture pour qu'elle ne leur échappe pas. Bon nombres attrapaient le scorbut avant la fin du voyage et en mourraient, la plupart du temps. Les voyages qui apportaient les Filles du Roy semblaient moins difficiles, peut-être de part la présence de femmes d'église, souvent très bonne guérisseuses et équipées de remèdes en tout genre contre les maladies (non pas que les bateaux de colons n'étaient pas équipés... je ne sais pas pourquoi les romans insistent sur les conditions horribles sur les bâteaux d'hommes plus que sur les bateaux de femmes...).

Une fois rendus en Nouvelle-France, il leur a fallu apprendre à vivre avec les conditions météo (on rappelle qu'en hiver, les températures descendent quand même bas, surtout dans les petites villes qui n'ont pas la pollution pour se réchauffer!), apprendre à dompter l'hiver, à se confectionner des vêtements avec des peaux (il n'y avait pas de tisserie, il a tout fallu créer!!!), à cuisiner avec les animaux et ce qu'ils pouvaient trouver, à voir ce qu'on pouvait planter dans les terres qui gelaient une grande partie de l'année, bref, créer une ville et une vie à partir de rien, ou presque.

Il semble qu'il y ait eu comme une opposition entre Québec et Ville-Marie, lorsque les deux villes étaient bien créées. La vie à Québec semblait plus facile, plus sûre, parce que mieux protégée contre les attaques des tribus autochtones. À Ville-Marie, l'ancêtre de Montréal, la vie était difficile. Bâtie sur l'île, la ville était littéralement coupée du reste de la colonie tout l'hiver, puisque les communications se faisaient surtout par bateaux et que le fleuve était gelé une grande partie de l'hiver. Le craquement de la glace sur le fleuve était souvent un grand soulagement parce que cela signifiait que le commerce pouvait reprendre entre les villes, que le courrier pouvait arriver et que l'on allait revoir du monde.
Mais une des principales menaces de la vie à cette époque venait des autochtones, avec lesquels les colons avaient des difficultés à vivre en bonne entente. Les habitants de Ville-Marie vivaient la plupart du temps dans la peur d'être attaqués et scalpés durant la nuit. Les prisonniers de guerre, capturés par les Iroquois, était torturés (et ils étaient imaginatifs, ces autochtones), ou adoptés en tant qu'esclaves par les femmes des tribus. Parfois, il parvenaient à s'échapper, mais il leur fallait le plus souvent attendre que les "blancs" capturent à leur tour des Iroquois de manière à pouvoir faire un échange de prisonniers.

C'était donc pas facile de vivre au Québec dans les premières décennies... moi, je dis, il fallait beaucoup plus de courage pour faire ce que les colons ont fait que pour entreprendre ce que JB et moi avons entrepris... et c'est grâce à eux qu'aujourd'hui, nous aussi, nous avons pu suivre leurs traces. C'est parce qu'ils ont débroussaillé le chemin du Québec que nous avons pu découvrir un pays magnifiquement beau, tout en couleurs, en extrêmes et en beautés. Alors à nos ancêtres, à ces colons qui ont eu ce courage que je n'aurais sûrement pas eu, je dis merci... du fond du coeur.

Publié dans Un peu de culture

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